PDP de la facture électronique : ce que fait la plateforme agréée en 2026
Pourquoi la PDP s’appelle désormais plateforme agréée, comment elle fait circuler une facture, et ce qui la distingue d’une solution compatible et du PPF. D’après les textes officiels.
Réponse rapide
Une PDP, ou plateforme de dématérialisation partenaire, est l’ancien nom de la plateforme agréée de la facture électronique. C’est l’opérateur immatriculé par l’administration fiscale qui émet, transmet et reçoit les factures entre entreprises, puis communique leurs données au fisc. Le nom a changé dans la loi le . Le 04/10/2026, la liste officielle comptait 149 plateformes.
Pour cette page, j’ai lu le 04/10/2026 les pages de l’administration fiscale sur impots.gouv.fr, l’article 290 B du Code général des impôts sur Légifrance et la fiche de Service Public. J’ai aussi téléchargé et compté la liste officielle des plateformes. La page explique un mécanisme et ne classe aucune plateforme.
Qu’est-ce qu’une PDP pour la facture électronique ?
L’administration ne parle plus de PDP mais de plateforme agréée. Sur impots.gouv.fr, c’est « un opérateur de dématérialisation qui a fait l’objet d’une procédure d’immatriculation par l’administration ». Cette immatriculation vaut trois ans et se renouvelle.
La même page confie à la plateforme quatre rôles.
- Faire circuler la facture du fournisseur au client : émission, transmission, réception. Elle peut la convertir dans un format qui convient au client.
- Extraire les données de la facture utiles au fisc, par exemple le montant HT, la TVA due et son taux, puis les lui transmettre.
- Transmettre les données des ventes sans facture électronique, comme les ventes à des particuliers. C’est le e-reporting.
- Transmettre les données de paiement à l’administration.
Seule une plateforme agréée peut assurer toutes ces fonctions, précise la page. Elle est contrôlée en conséquence : immatriculation par un service dédié de la DGFiP, audit régulier, certification de sécurité et données hébergées sur des serveurs situés dans l’Union européenne.
PDP ou plateforme agréée (PA) : un seul acteur, deux noms
Le changement de nom est inscrit dans le Code général des impôts. Jusqu’au , la section de l’article 290 B s’intitulait « Plateformes de dématérialisation partenaires ». Elle s’intitule désormais « Plateformes agréées », depuis la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123).
Le rôle, lui, n’a pas changé. Dans les deux versions, la plateforme transmet les factures et les données, et l’immatriculation vaut trois ans renouvelables. Une différence se lit pourtant : l’ancien texte envoyait les données « au portail public de facturation », le nouveau les adresse « à l’administration ». Le PPF est expliqué plus bas.
L’administration employait déjà « plateforme agréée » avant la loi. Sa présentation des labels, datée de septembre 2025, la dit « anciennement connue sous le terme de plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) ». Service Public abrège en « PA ».
Le sigle PDP n’a pas disparu pour autant. Dans la liste officielle que j’ai téléchargée le 04/10/2026, sept des 149 noms commerciaux le contiennent encore, dont « TIIME PDP » et « SUPER PDP ». L’adresse de contact du service d’immatriculation commence aussi par « immat.pdp ». Si un éditeur vous parle de PDP, il parle donc d’une plateforme agréée.
Comment la plateforme agréée fait circuler une facture
Chaque entreprise passe par sa propre plateforme, et la facture va de l’une à l’autre. Le schéma officiel de la DGFiP, « Circuit général de transmission des factures et des données », tient sur une page.
- Vous établissez la facture dans votre logiciel ou directement sur votre plateforme agréée, avec le SIREN de votre client.
- Votre plateforme cherche celle du client dans l’annuaire tenu par l’administration, qui associe chaque SIREN à sa plateforme de réception.
- Elle contrôle et transmet la facture à la plateforme du client, au besoin dans un autre format.
- La plateforme du client la lui remet. Les statuts (déposée, rejetée, refusée, encaissée) sont visibles des deux côtés.
- Les plateformes envoient les données de la facture au concentrateur, qui les transmet à l’administration fiscale.
La facture elle-même ne passe pas par l’administration. La FAQ de la DGFiP l’écrit : les factures « ne sont pas centralisées par l’administration fiscale ». Si votre client n’a pas encore désigné de plateforme, il n’apparaît pas dans l’annuaire. Votre plateforme vous signale alors l’échec, et la facture peut exceptionnellement partir par e-mail ou par courrier.
Les statuts sont détaillés dans notre guide de la facture électronique, et les formats UBL, CII et Factur-X dans les trois formats acceptés.
Plateforme agréée, solution compatible, PPF : qui fait quoi
Ces trois termes reviennent dans les offres des éditeurs et ne désignent pas le même type d’acteur.
| Acteur | Ce qu’il fait | Immatriculé par la DGFiP ? | Qui le choisit ? |
|---|---|---|---|
| Plateforme agréée (ex‑PDP) | Émet, transmet et reçoit les factures, transmet les données à l’administration | Oui, pour trois ans renouvelables | Vous, directement ou par votre éditeur ou votre expert-comptable |
| Solution compatible (opérateur de dématérialisation) | Logiciel de facturation, de comptabilité ou de caisse, application bancaire : produit des factures conformes | Non, raccordée à au moins une plateforme agréée | Vous, souvent parce que vous l’utilisez déjà |
| PPF (annuaire et concentrateur) | L’annuaire oriente les factures, le concentrateur reçoit les données des plateformes | Sans objet : outil de l’État | Personne : il est commun à toutes les plateformes |
Solution compatible ou OD : le logiciel devant la plateforme
Le glossaire de la DGFiP parle d’opérateur de dématérialisation, ou OD : un prestataire qui fournit un logiciel de comptabilité, de facturation ou de caisse. Faute d’immatriculation, il ne peut ni transmettre vos factures à la plateforme du client, ni recevoir les vôtres, ni envoyer les données au fisc. Il passe donc par une plateforme agréée et prend le nom de « solution compatible ».
Un OD peut aussi déposer un dossier et devenir lui-même plateforme agréée. C’est pourquoi certains éditeurs figurent dans la liste et d’autres non. Avec une solution compatible, la question utile est simple : quelle plateforme agréée transmet vos factures ?
Le PPF : ce qui reste du portail public
L’État ne propose pas de plateforme pour échanger des factures entre entreprises. Selon sa FAQ, la France « a fait le choix de ne pas créer de portail public unique ». Elle veut éviter de concentrer les risques sur un seul point de passage et limiter les coûts publics.
La partie publique du dispositif se réduit à deux outils, développés par l’Agence pour l’informatique financière de l’État (AIFE) : l’annuaire des entreprises et le concentrateur de données. La page de la liste des plateformes l’appelle encore « Portail Public de Facturation (PPF) » et exige de chaque candidate son interopérabilité avec lui.
En pratique, vous ne pouvez pas envoyer vos factures « par le PPF » : il vous faut une plateforme agréée. Les factures destinées au secteur public gardent leur circuit, Chorus Pro, directement ou par votre plateforme. L’histoire du PPF est racontée dans le PPF de la facturation électronique.
Devez-vous choisir une plateforme agréée, et quand ?
Oui, si votre entreprise est assujettie à la TVA et établie en France, y compris en franchise en base. Depuis le , toutes ces entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Selon l’article 289 bis du CGI, cité par le guide de démarrage de la DGFiP, cette réception passe par une plateforme agréée.
L’émission dépend de la taille. Les grandes entreprises et les ETI émettent par leur plateforme depuis le 01/09/2026, les PME, TPE et micro-entreprises au plus tard le . Voir les dates selon la taille de l’entreprise.
Vous désignez la plateforme vous-même ou par votre solution habituelle : logiciel, expert-comptable, banque. Dans les deux cas, un accord formel de désignation est signé, directement ou par un mandat explicite. C’est lui qui inscrit votre entreprise dans l’annuaire. Les étapes sont reprises dans je passe à la facturation électronique.
Combien coûte une plateforme agréée ?
Le prix dépend de la plateforme, puisque l’État n’en propose pas. Selon la FAQ de la DGFiP, au , plus d’une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient une offre « gratuite ou sans surcoût » pour les besoins essentiels des plus petites structures. La DGFiP invite à choisir selon vos besoins, votre activité et le volume de factures échangées.
Avant de signer, regardez ce que couvre la formule : réception seule, émission, e-reporting. Vérifiez aussi si le prix affiché est HT ou TTC. Les offres sans frais sont comparées dans les plateformes de facturation électronique gratuites et les plateformes agréées gratuites pour la facture électronique.
Choisir sa plateforme agréée : six vérifications
La fiche de la DGFiP pour les petites entreprises et celle de Service Public donnent les mêmes critères. Je les ai rangés dans l’ordre où les poser.
- Est-elle dans la liste officielle ? Le 04/10/2026, elle comptait 149 plateformes immatriculées, plus 14 en attente des tests d’interopérabilité. Comment vérifier un nom dans la liste officielle.
- Votre logiciel est-il lui-même plateforme agréée, ou à laquelle est-il raccordé ? La DGFiP conseille de poser cette question d’abord à votre éditeur.
- Combien de factures émettez-vous et recevez-vous ? Le volume, le coût et les outils déjà en place orientent le choix, selon la même fiche.
- Couvre-t-elle le e-reporting ? C’est utile si vous vendez à des particuliers ou à l’étranger : le e-reporting expliqué.
- Émet-elle et reçoit-elle les formats exigés ? Service Public demande de le vérifier avant de choisir.
- Que se passe-t-il si vous changez ? Le changement est possible à tout moment. La nouvelle plateforme met l’annuaire à jour en 15 jours ouvrables au plus, et l’ancienne assure certains services pendant un an.
Pour comparer des offres concrètes, voir le comparatif des plateformes agréées, les plateformes agréées pour auto-entrepreneur et notre comparatif des logiciels de facture et de devis. Deux éditeurs de la liste ont un avis détaillé sur ce site : Tiime et Pennylane.
PDP Libre (pdplibre.org) : une association, pas une plateforme
En cherchant « PDP », vous tomberez sans doute sur pdplibre.org. C’est le site de l’association PDP Libre, qui se présente comme « une association à but non lucratif » voulant rendre la facturation électronique accessible au plus grand nombre. Le nom prête à confusion : elle n’est pas elle-même une plateforme agréée, et elle l’écrit.
L’association référence des logiciels raccordés à deux plateformes, ESALINK et SuperPDP. J’ai vérifié le 04/10/2026 : les deux figurent dans la liste des 149, PDP Libre n’y figure pas. Ses distributeurs sont donc des solutions compatibles, et ce sont ces deux plateformes qui transmettent les factures.
Questions fréquentes
Que veut dire PDP dans la facture électronique ?
PDP signifie « plateforme de dématérialisation partenaire ». C’était le nom légal, jusqu’au 21/02/2026, de l’opérateur immatriculé qui transmet les factures électroniques entre entreprises et leurs données au fisc. Le Code général des impôts parle désormais de « plateforme agréée », souvent abrégée PA. Le rôle de la plateforme n’a pas changé.
PDP et PA, est-ce la même chose ?
Oui. La plateforme agréée (PA) est l’ancienne PDP sous un autre nom. L’administration emploie ce terme dans ses documents depuis 2025, et la loi de finances pour 2026 l’a inscrit dans le Code général des impôts. Un éditeur qui parle encore de PDP désigne le même service, à condition de figurer dans la liste officielle.
Mon logiciel de facturation est-il une PDP ?
Pas forcément. Certains éditeurs sont eux-mêmes plateformes agréées et figurent dans la liste officielle, comme Tiime ou Pennylane. D’autres proposent une solution compatible : le logiciel produit des factures conformes, mais une plateforme agréée partenaire les transmet. Demandez à votre éditeur dans quel cas il se trouve et, s’il est raccordé, le nom de cette plateforme.
Combien coûte une plateforme de dématérialisation partenaire ?
Cela dépend de la plateforme choisie, car l’État n’en propose pas de gratuite. Selon la DGFiP, au 01/08/2026, plus d’une dizaine des 150 plateformes agréées offraient une formule gratuite ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures. Vérifiez ce que la formule couvre (réception, émission, e-reporting) et si le prix est indiqué HT ou TTC.
Pouvez-vous changer de plateforme agréée ?
Oui, à tout moment. Selon Service Public (fiche vérifiée le 07/08/2026), la nouvelle plateforme se charge des démarches et met l’annuaire à jour en 15 jours ouvrables au plus. Ce délai court après l’accord de l’ancienne plateforme ou la fin de son délai d’opposition. L’ancienne assure certains services pendant un an pour que vos factures continuent d’arriver.
Pouvez-vous envoyer vos factures par le PPF ?
Non. La partie publique du dispositif se limite à l’annuaire, qui oriente les factures, et au concentrateur, qui reçoit les données des plateformes. Elle n’échange aucune facture entre entreprises : il faut pour cela une plateforme agréée. Les factures destinées au secteur public aboutissent toujours sur Chorus Pro, directement ou par votre plateforme.